Clément JOLY, le français qui prend son envol à la Silicon Valley !

Rencontre avec Clément JOLY. Ce Français, passé par Centrale et AgroParisTech, est parti finir ses études en Californie et n’est jamais revenu en France. Il a rejoint, il y a un an, l’immense et important groupe des entrepreneurs de la Silicon Valley en créant sa start-up de drone : KissFly.

san francisco

Ce mercredi 27 janvier 2016, 11 heures, les étudiants de l’ESAM attendent patiemment dans une salle de cours de la San Francisco State University que la prochaine conférence du jour commence, lorsqu’un homme décontracté, charismatique, à la crinière blonde rentre dans la pièce et sort de son sac à dos un prototype de drone. Le nouvel arrivant, qui s’appelle Clément, est l’intervenant du jour.

Clément est français, il est né à Dijon en Bourgogne. Il y fait sa scolarité jusqu’au lycée puis s’en va à Paris, étudier à Centrale. Une fois le diplôme en poche, il poursuit ses études à AgroParisTech où il écrit une thèse sur l’attaque des loups dans les bovins. Il met en avant le paradoxe qui dit que la présence de loup est indispensable dans la préservation des forêts, mais qu’ils présentent un risque pour l’économie. Ensuite, le jeune Français décide de partir un an en Californie compléter et finir ses études pour améliorer son anglais, une notion incontournable aujourd’hui pour faire carrière.

 

Ainsi, il est admis à Berkeley et à Stanford. Lui manquant 20 000 $ pour rentrer dans la prestigieuse université de Stanford qui coute 40 000 dollars l’année, il écrit une lettre à cette dernière en expliquant qu’il aimerait venir étudier dans leur établissement, mais n’ayant pas le financement nécessaire, il se voit obligé d’accepter la place à UC Berkeley.

Il reçoit une réponse dans les jours qui suivent, l’informant que l’université lui offre les 20 000 dollars. Il devient alors étudiant de Stanford, comme l’ont été par le passé les fondateurs de Hewlett-Packard et les créateurs de Google, et choisit de suivre les cours de biologie, d’écologie et d’économie. Pour l’histoire, Stanford ouvre ses portes pour la première fois le 1er octobre 1891 à 559 étudiants. De nos jours, la très réputée université de Palo Alto est l’une des meilleures au monde et accueille vingt mille étudiants chaque année dont 10 % d’étrangers. Le campus, aussi appelé the Farm, s’étend sur trente-deux kilomètres carrés.

Une fois diplômé de Stanford, il est embauché par Nexant, une société située à San Francisco et spécialisée dans les énergies renouvelables. Cependant, quelques années plus tard, il développe l’envie de tenter autre chose qui a plus d’impact. Il projette alors de créer sa start-up. Il doit tout d’abord faire un tri parmi sa longue liste de projet.

Clément JOLY crée donc KissFly, sa start-up de drone. Il s’installe au départ dans l’incubateur de Paul GRAHAM : Y-Combinator. Le jeune entrepreneur a décidé de s’insérer dans le marché du drone, car il avait déjà de l’expérience dans le domaine. En effet, il a créé auparavant un drone dans le cadre d’un projet à Centrale. De plus, l’idée du concept de drone autonome lui est venue lors d’un jogging : il voulait se filmer sans que la camera se prenne les arbres. Ainsi, son drone possède une caméra et un ordinateur embarqués qui lui permettent d’être autonome.

 

En effet, grâce à sa vision 3D et son intelligence artificielle (software), l’engin volant est capable de visualiser et comprendre son environnement pour repérer, éviter et contourner un obstacle, suivre une cible et mémoriser un trajet avec ses obstacles. De ce fait, le drone de Clément ne touchera pas les gens, ne se crashera pas et n’ira pas dans les zones interdites.

Cependant, le décollage et l’atterrissage du drone nécessitent une intervention humaine qui doit utiliser son smartphone. Autre difficulté à surmonter aujourd’hui, la durée de vol n’excède pas les quinze minutes, notamment à cause d’un problème de design et le poids de l’ordinateur interne qui pèse 90 grammes. Dans le futur, le père du drone espère que son bébé pourra soulever de petites charges et être dirigé par les mouvements du corps.

 

En outre, à la différence de ses concurrents, KissFly est moins cher et peut voler à basse comme à haute altitude. Le bijou de technologie n’est pas commercialisé à ce jour et son créateur ne sait pas encore s’il va vendre des drones, s’il va vendre le software à insérer dans un drone, ou les deux. Les marchés futurs visés par Clément JOLY sont la livraison, la sécurité et la vente aux particuliers.
En fin de conférence, l’intervenant a conclu en donnant des conseils aux étudiants qui seront peut-être les entrepreneurs de demain. Le leitmotiv de Clément est « life is too short », c’est-à-dire qu’il ne faut pas perdre de temps avec ce qui ne nous plait pas. Ensuite, l’entrepreneur conseille aux ésamiens de capitaliser leurs expériences internationales, qui feront la différence plus tard. Enfin, il s’adresse aux futurs créateurs d’entreprise et leur conseille de :

  • Trouver le bon segment de marché ou de détecter une niche. Pour cela, il faut avoir une vision de ce qui manque au marché dans lequel on rentre.
  • Observer les concurrents et trouver une solution différente et plus rapide.
  • Entrer dans une branche technique et arriver à la limite de l’innovation dans ce domaine.
  • S’entourer de personnes de confiance, impressionnantes, intelligentes, motivées, ambitieuses et expertes dans leurs domaines. C’est ce que l’on appelle l’importance du réseau et ce dernier se commence à l’école.
  • Ne pas être trop scolaire et savoir prendre des décisions rapidement.
  • Être toujours actif, ne pas se reposer sur ces acquis, car on ne connait pas la forme de ce qui va changer le monde ;

 

Pour conclure, ayant été présente à la conférence, la rencontre avec Clément JOLY fut enrichissante, mais surtout inspirante. L’entrepreneur français a su donner de l’espoir aux étudiants de l’ESAM qui veulent plus tard créer leur start-up à la Silicon Valley ou ailleurs. Y a-t-il parmi nous le successeur de Frédéric Mazzella, créateur de la première licorne française Blablacar ? Quelle sera l’innovation de demain qui changera le monde ?

Maëlle HAWECKER

PARTAGER